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photo Claire Hugonnet   Chant des possibles je te revendique à corps perdu nous escaladons nos doigts sur les claviers nous jouons, trimbalerons nos cascades en simultanée grande étendue sauvage et bleutée un pur azur qui galope en liberté ça se joue à tâtons sans partitions pour remuer l’océan de nos pensées pour labourer la terre sombre et semer faire émerger chant des possibles nous te jouons a 4 mains à 6 à 8 mains, c‘est toi qui nous attire dans ta partition si je t‘effleure ça pleure mais si je me lance dans ta matière c’est notre monde qui suit derrière ma traîne chant des possibles comme un orage qui vient déchaîne ton tonnerre ça gronde en sourdine, ça rameute, ouvre grand ta gueule pour que le vent s’y engouffre il y a 3 raisons la plus belle est dans les racines, la plus vaine est dans le verbe, l’autre dans la grandeur des possibles. A bout portant nous nous comprendrons. Les cloisons s‘effondrent, les murs volent en éclat, pourquoi tout expliquer pourquoi tout justifie...
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Photo: Lucie Addé   On pourrait partager la vie en 3 quel morceau choisirais tu ? Tu choisis l’invisible,  j‘en étais sure, la voilure des songes qui disparaissent derrière les mots tu choisirais de te laisser déporter pour ne pas te tarir, tu choisirais de ne pas vivre plutôt que de te laisser mourir. Tu focaliserais, les coudes appuyés sur la lumière à la contempler. Moi je choisirai les plumes et les notes en acier, pour accorder le ciel et mes branches de métal dans ma colonne du temps. je choisirai de remonter les ailes des mathématiques pour fulgurer l’espace, je choisirai de prendre la route à l’envers pour faire brûler le sable entre  les choses. Je choisirai d’attendre que la vie se densifie jusqu’à se dissoudre. Et la part qui reste on en fait quoi ?
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Ce qui sonne en nous c'est qui ? Ils ont raison de ne pas répondre au téléphone on va le faire pour eux. Moi je leur proposerai une réponse grave et étincelante comme un oiseau qui file  sur l’eau, toi tu chanterais allô, et voilà l’appel serait lancé le prodige parfois c’est de ne pas répondre, c’est de se jeter à l'eau. Le prodige c’est de revenir à la source des mots, vielle souche langagière où coules tu si vite pour que je ne puisse t'atteindre ? Chers mots vous vous défiez dans ma langue de fourche,  je vous chevauche à l'horizontale du clavier, je vous peins en bleu, laissez vous courir sur le dos des choses, vous êtes des arpèges, des songes et des images quelqu’un me répondrait? Non il n‘y a personne au bout du fil, ils ont raccrochés. Dans leur beau sanctuaire mes mots tentent de remonter à la surface des eaux, il s'en perd beaucoup au passage, comment vous faire respirer avec seulement un clavier?       ...
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On dirait un opération ton installation de piano tu opères mon silence pour que quelque chose en jaillisse ?   Pas de sang sur les touches juste quelques éclats blancs:   les mots qui tombent un à un comme des pousses.
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     Une musique comme   une danse de ma mère dans mes bras. Bertille et Yuna   La prochaine fois c’est moi qui suis ta mère, on va bien rigoler tu verras, ce n'est pas une grande promesse, c’est presque une constatation dans le futur.
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  Je voudrai qu’on écrive pour toi, et toi, tu joues pour toi comme si tu étais seul, avec moi un petit peu quand même... je suis pas là, mais je suis là! enfin seuls! ou la parodie des autres, tans pis! on se range, on s‘arrange, non merci! enfin seuls on tire un trait, là. toi tu tiens un bout,  moi l’autre, je garde la ligne pour que rien ne s’effondre, mais en fait je sais tu n’as pas besoin de moi, et nous gardons l’allure vives des gens qui s'aiment. Je t’émarge, tu te barres dans la marge, c’est comme ça qu’on s’écrit à déchausser toutes les lignes pour ranger les bienfaisances et les séances dans le grand bocal à choses sûres. Surtout ne sachons rien, vivons l’impossible, sortons de la feuille blanche pour arranger l’autre part de nous même. Compostons le réel, mais devenir enfin seuls,  enfin.... seuls  à photo: Marie Frecon   plusieurs.
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 OR, j’irai courir sur vos vastes plaines,  enjamber les prairies et faire basculer tous les naufragés de la vie j'irai pleureur sur vos mères, sur vos disparitions, pour faire émerger l’or de vos pensées, le brut, le parlant, le vibrant. j’irai me déchausser sur le pallier des grands changements pour écouter les grands flux ramener la vie. j'irai vous perdre dans le nord pour pailleter d’or vos vies, j'irai vous rajuster le col pour vous faire rentrer beau et digne dans la grande vasque d’or et déjà c’est dit d’ici à jamais j’irai chanter vos ruisseaux, vos alpages et vos âmes en arpège, j‘irai prendre rendez vous avec vous, sans vous attendre je vous serez