Se retrouver après les arbres et la pluie,

après le gel et la glace qui fond,

après les grandes lignes qui se vident.

 

Se retrouver sur les traces blanches des interludes de nos vies,

composer le si bémol et faire tomber les dièses en cascade.

 

Je me retrouve à toi, comme tu te trouves là.

On pourrait dire qu'aujourd’hui c'est dimanche,

ou alors, le grand jour des possibles.

Si tu devenais page interne,

je serai écriture des possibles.

Quel âme bleue ce piano des grands sauvetages!


Ne pas savoir quoi dire,

mais savoir les mots se dirent,

descendent doucement de nos échelles.

Tiens! une sorte d'oreiller pour le moelleux des notes,

jouer avec toi c'est parler de nos nuits,

de nos" j’aimerai",

de nos "palpites",

et de ton arbre qui pousse en dedans quand tu joues.


On pourrait écrire un moreau planète?

un morceau pour freiner la course sur les galaxies,

un morceau pour aller entre les choses là ou il n'y a pas de noms.


On dirait un radiateur qui s'allume,

ca pulvérise de sens

une composition à double voies,

un chien carnaval,

un solstice de notes,

et puis c’est l’hiver qui danse en flocons.


Comment ne pas laisser venir la fin?

Comment retenir cet instant dans la grande carambole?

Tu connais le trouble de l’eau qui dort,

le mirage du ciel d’été sur la course du temps,

tu connais la chute et l’oubli,

les masques qui se retournent

tu connais la gris enchâssé dans la matière,

le bleu de nacre et les avalanches de non dits.

 

Le Chant des Possibles photo de Claire Hugonnet 
 
 
 
 
Tu connais les horizons de marbre blanc,

tu connais ce qui suit,

et moi ce qui advient.

 

On pourrait faire venir tous les morceaux un à un,

et les envoyer dans le temps en avant pour les réécouter plus

 tard,

quand on sera morts.

Ça sera grande risibilité,

grande fresque de vie sur le comptoir du temps de l’esprit.

Commentaires

Posts les plus consultés de ce blog